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PARIS - La fronde anti-CPE qui ne faiblit pas, un débat sur les droits d'auteur sur internet qui vire au fiasco... Dominique de Villepin et sa majorité se retrouvent à la peine, en particulier face aux jeunes. Le Premier ministre a certes gagné la bataille du Contrat première embauche au Parlement grâce à son adoption définitive jeudi, mais ses opposants y voient une victoire à la Pyrrhus. Dominique de Villepin devrait s'expliquer notamment sur ce dossier dimanche à 20H00, invité du journal de TF1. "Les emmerdements volent en escadrille", a dit un jour Jacques Chirac. De fait, M. de Villepin se retrouve en posture délicate sur un autre dossier où il risque également de s'aliéner les jeunes: celui du téléchargement de musique ou de films sur internet, au centre d'un débat ubuesque à l'Assemblée. Le CPE, que ses détracteurs ont rebaptisé "Contrat pour esclave" ou "cadeau encore au patronat", est rejeté par une majorité de Français, selon les sondages, sans pour autant susciter de franche adhésion au sein de l'UMP, ni même du patronat. 40 universités sont plus ou moins bloquées et syndicats et organisations étudiantes appellent à une nouvelle journée d'action le 18 mars, après une mobilisation réussie mardi. Face au risque d'une radicalisation, M. de Villepin, s'il s'interdit tout recul sur sa mesure emblématique, tente de trouver une issue à la crise, même si ses marges de manoeuvre semblent réduites. Il a envoyé au front ses ministres "sociaux" Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, chargés de recoller les morceaux avec les syndicats et de concocter au plus vite des "enrichissements" au dispositif contesté. Mais les syndicats, remontés contre la méthode "à la hussarde" du Premier ministre, entendent pousser leur avantage et sont peu disposés à se montrer conciliants. "Lobjectif, cest le retrait, ce n'est pas laménagement (...) Si vous avez une tartine de pain complètement rassise et quon vous dit +vous inquiétez pas, on va vous mettre une cuillère de confiture+, le pain est toujours rassis", a résumé Jean-Claude Mailly (FO). Sans réelles négociations sur le CPE lui-même, le patron du PS François Hollande pronostique "un conflit long et lourd". A droite, certains fulminent eux aussi, plus ou moins ouvertement, contre l'attitude du chef du gouvernement, lui reprochant d'avoir remis le social au premier rang des préoccupations des Français et permis à la gauche de se refaire une santé. Face à ce flottement, Nicolas Sarkozy s'est payé le luxe, depuis la Guadeloupe, d'afficher son soutien mais en faisant le service minimum: "le CPE a été voté, il faut qu'il s'applique", a-t-il dit. Tout à ses ambitions présidentielles, le patron de l'UMP n'a aucun intérêt à voir son rival dévisser trop brutalement et l'entraîner dans sa chute, préférant le scénario d'une usure lente du locataire de Matignon. En juin, il avait théorisé d'une formule sa paix armée avec M. de Villepin: "sur son échec, je ne bâtirai rien, sur mon échec, il ne bâtira rien non plus". L'Elysée, M. de Villepin l'a lui aussi constamment en ligne de mire. Selon Pierre Moscovici (PS), le Premier ministre n'était d'ailleurs pas, en concoctant le CPE, "obsédé" par la précarité des jeunes mais "obsédé par la présidentielle" et son souci permanent de déborder M. Sarkozy. Des prétentions élyséennes qu'il va devoir remiser, à en croire François Bayrou (UDF). Quel que soit le sort du CPE, cette mesure constitue désormais, à ses yeux, "un lourd handicap" pour M. de Villepin en vue de 2007. | |||||||||||||||||||
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