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La Commission européenne et le gouvernement chinois vont mettre en place une liaison à très haut débit entre les deux continents. Baptisée "Orient", elle sera réservée aux universitaires et chercheurs dans le cadre de projets scientifiques communs.

Les universités et centres de recherche de Chine et d'Europe disposeront bientôt d'une nouvelle liaison à très haut débit. Le projet, baptisé "Orient" (Oriental Research Infrastructure to European NeTworks), a été présenté cette semaine par Bruxelles.

Doté d'un budget de 4,15 millions d'euros, financé à parité par les deux partenaires, ce chantier devrait être bouclé au printemps 2009. «Orient bénéficiera à l'ensemble de la recherche sino-européenne, notamment à la radioastronomie, au développement durable, à la météorologie et à l'informatique de grille (grid computing), en accélérant le flux d'informations entre l'Europe et la Chine», indique la Commission européenne.

Le projet s'inscrit en complément des liaisons actuelles entre la Chine et l'Europe. Depuis décembre 2005, les deux continents sont reliés par le réseau de recherche Asie-Pacifique "TEIN2". Il dispose de liaisons à 622 mégabits par seconde (Mbps); tandis qu'Orient devrait proposer des connexions allant jusqu'à 2,5 gigabits par seconde (Gbps).

Un gain de bande passante qui s'avère nécessaire. «De grands projets scientifiques entre la Chine et l'Europe réclament plus de débits» explique à ZDNet.fr, Dany Vandromme directeur du groupement d'intérêt public Renater. L'organisme gère en France le réseau haut débit qui dessert les universités et les centres de recherches scientifiques. Il participera au projet Orient.

Parmi les chantiers scientifiques qui profiteront du nouveau réseau, le GIP Renater cite les travaux autour de la physique des hautes énergies, qui seront réalisés avec le prochain accélérateur de particules du Cern (*) opérationnel en 2007.

«Il y aura un grand volume de données à traiter et les chercheurs chinois pourront apporter leur contribution grâce au nouveau réseau», poursuit Dany Vandromme. Autre futur bénéficiaire d'Orient: le projet de radioastronomie "EXPReS", destiné à relier les radiotéléscopes européens à des partenaires chinois.

Des engagements d'usages réciproques

La Chine est connue pour sa politique protectionniste en matière de nouvelles technologies, qu'illustrent notamment deux cas récents: les blocages vis-à-vis de Skype ou le standard 3G local (le TD-SCDMA ) que le gouvernement chinois privilégie face aux technologies étrangères.

La Commission européenne assure pourtant qu'Orient permettra un «échange ouvert» entre les deux partenaires. Des engagements ont été pris. «L'accès au réseau haut débit de recherche européen est déterminé par les politiques d'usages acceptables de chacun des partenaires», répond à ZDNet.fr un porte-parole de Bruxelles. «L'accès en Chine sera déterminé par des politiques similaires mises en oeuvre par les partenaires chinois», poursuit-il.

En clair les deux signataires d'Orient vont adopter des politiques d'usages qu'ils devront respecter de manière réciproque.

Bruxelles tient également à préciser qu'«Orient est réservé à l'usage des chercheurs et des étudiants européens et chinois. Il n'est pas destiné à fonctionner comme un conduit général pour internet. La majorité des transferts de données sera de nature scientifique».

Les appels d'offres pour le déploiement de ce réseau ont été lancés fin 2005 et sont toujours en cours. La liaison sera principalement basée sur l'exploitation de backbones existants reliant déjà les deux continents. A priori, il s'agira de câbles terrestres traversant la Sibérie, nous a précisé le représentant de la Commission européenne.

(*) Il s'agit du LHC pour Large Hadron Collider, ou "Grand Collisionneur Hadronique".
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